Kapalabhati, la respiration énergisante !

Qu’est-ce que le Kapalabhati ?

Kapalabhati, souvent appelé « respiration du crâne brillant », est une technique de respiration qui se concentre sur l’expiration. En sanskrit, « kapala » signifie « crâne » et « bhati » signifie « briller » ou « illumination ». Cette pratique vise à purifier et à dynamiser le corps et l’esprit en éliminant les toxines et en stimulant le système nerveux.

« À travers le Kapalabhati, nous nettoyons le crâne, purifions le cerveau et ouvrons les portes de la perception. »

– B.K.S. Iyengar

Comment pratiquer ?

  1. Asseyez-vous confortablement : Adoptez une position assise stable avec le dos droit et les épaules détendues.
  2. Pratiquez à jeun ou en dehors des moments de digestion : Il est préférable de pratiquer le Kapalabhati à jeun ou après une période de digestion pour en tirer pleinement les bienfaits.
  3. Pratiquez avec des petites expirations rapides et énergiques : Enchaînez les expirations rapides et énergiques, suivies d’inspirations passives.
  4. Maintenez le thorax immobile : Pendant le Kapalabhati, gardez le thorax immobile en position d’inspiration, en laissant le diaphragme et la sangle abdominale créer le mouvement expiratoire.
  5. Faites des cycles de respirations : Enchaînez des cycles de 15 à 30 respirations environ, en prenant une grande inspiration à la fin de chaque cycle et en retenant le souffle pendant quelques secondes avant de relâcher.

Le Kapalabhati, en tant qu’exercice de respiration, est classé dans la catégorie des « dynamisants ». Il est donc recommandé de ne pas le pratiquer en soirée pour éviter d’avoir des difficultés à s’endormir.

Les bienfaits :

Le Kapalabhati permet de nettoyer l’air vicié des poumons, favorisant ainsi une meilleure respiration et une oxygénation optimale des tissus. Les expirations rapides et énergiques du Kapalabhati aident à éliminer le dioxyde de carbone et les toxines du corps, purifiant ainsi l’organisme.

Le mouvement dynamique du diaphragme pendant le Kapalabhati agit comme un massage pour la région cardiaque et abdominale, stimulant ainsi la circulation sanguine.

De plus, le Kapalabhati aide à entretenir la souplesse des poumons, améliorant ainsi les échanges gazeux et favorisant une respiration plus efficace. Cette pratique renforce et assouplit le diaphragme, améliorant ainsi la capacité respiratoire et favorisant une respiration plus profonde.

Les contractions des muscles abdominaux pendant le Kapalabhati contribuent à renforcer et tonifier la sangle abdominale, tandis que le mouvement rythmique du diaphragme masse les organes internes, favorisant ainsi leur bon fonctionnement et leur santé globale.

Le Kapalabhati stimule également le système digestif, favorisant une meilleure digestion et soulageant les inconforts gastro-intestinaux. De plus, les expirations énergiques du Kapalabhati aident à dégager les sinus et à rafraîchir les yeux, améliorant ainsi la clarté mentale et la perception sensorielle.

Enfin, cette pratique renforce le foie, la rate, le pancréas et les muscles abdominaux, favorisant ainsi une meilleure santé et un meilleur fonctionnement de ces organes vitaux.

Pourquoi j’aime cette pratique ?

Ce qui me plaît particulièrement dans le kapalabhati, c’est la possibilité de moduler le rythme et la fréquence des respirations au sein de chaque cycle. Pour un effet plus purificateur, proche de l’approche du Kriya Yoga, j’opte parfois pour des respirations plus rapides et un plus grand nombre de cycles, allant jusqu’à 100 expirations par cycle.

À d’autres moments, quand je souhaite me concentrer davantage sur l’aspect pranayama de la pratique, je ralentis le rythme, avec moins de respirations par cycle, entre 10 et 20.

Dans mes cours, je propose une version plus lente du kapalabhati, axée sur sa dimension pranayama, afin de permettre aux élèves de prendre conscience de leur souffle tout en restant à l’écoute de leur corps.

Il est important de noter la différence entre Kriya et Pranayama. Le Kriya Yoga désigne un ensemble de pratiques de purification qui agissent à la fois sur le corps et sur l’esprit, visant à nettoyer les canaux énergétiques et à éliminer les toxines. Kapalabhati, lorsqu’il est pratiqué de manière rapide et intense, s’inscrit dans cette logique de purification et de nettoyage. En revanche, en tant que pranayama, le kapalabhati se concentre davantage sur la maîtrise de la respiration, le contrôle du souffle, et l’apaisement du mental, permettant ainsi de cultiver une plus grande stabilité intérieure.

Je recommande de le pratiquer quotidiennement pendant au moins deux semaines pour réellement en ressentir les bienfaits, puis de le pratiquer au besoin.


Pour résumer :

Et voici encore Swami Niranjananda Saraswati qui résume à merveille les bienfaits du Kapalabhati en disant : « Kapalabhati purifie tout le corps en éliminant à grande vitesse l’air alvéolaire et en stimulant l’échange gazeux qui va amener une surconsommation d’oxygène dans les alvéoles. L’effet majeur consiste en une purification et un accroissement du métabolisme. Cette augmentation du taux métabolique et de la quantité d’oxygène dans le cerveau, opère un éveil cognitif. (…) Kapalabhati est particulièrement précieux aux chercheurs spirituels du fait qu’il met un terme aux dissipations sensorielles, aux pensées et aux vertiges. Bref, en calmant le mental, c’est un préalable requis pour bien méditer. En même temps, il dynamise le mental, ce qui évitera le raz-de-marée du sommeil dans l’assise. Ce même effet facilite tout travail intellectuel. »


Conseils :

Pour les personnes qui souhaitent pratiquer Kapalabhati régulièrement et de façon vigoureuse (contrairement à ce que nous faisons en cours) comme kriya voici les conseils :

Dans son livre « Prana et Pranayama », Swami Niranjanananda Saraswati souligne :

« la respiration rapide part de l’abdomen : les épaules et le visage restent détendus. Les débutants peuvent effectuer plusieurs respirations entre chaque cycle. Le nombre de souffles peut augmenter depuis le compte initial de 10 jusqu’à 50, à mesure que les abdominaux se fortifient. Les pratiquants avancés peuvent aller jusqu’à 100 respirations par cycle. Kapalabhati doit être effectué l’estomac vide. Pratiqué le soir, il risque fort d’empêcher le sommeil. En cas de douleur ou de vertige, arrêtez immédiatement la pratique en restant tranquille dans l’assise, grâce à quoi vous reprendrez l’effort avec plus d’attention et moins de force. (…) Kapalabhati est contre-indiqué aux malades cardiaques, aux hypertendus, aux personnes sujettes aux vertiges, à l’épilepsie, aux attaques, aux hernies ou aux ulcères d’estomac. Il n’est pas recommandé pendant la grossesse. « 

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